Hegel et l’enfant qui jette des cailloux dans l’eau
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Cet article est issu du numéro 62 de Philosophie magazine « 62 - septembre 2012 », en kiosque le 23 août 2012. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Pour l’auteur de l’Esthétique, un simple geste, a priori anodin, suffit à éveiller ce garçonnet à la conscience de soi.
Dans son introduction à l’Esthétique, Hegel évoque l’image d’un enfant qui s’amuse à jeter des cailloux dans un fleuve et admire les cercles qui se dessinent à la surface de l’eau. Pourquoi l’enfant tire-t-il autant de plaisir de cette activité insignifiante ? En effet, il ne fait pas de ricochets pour prouver sa virtuosité, pour vaincre les lois de la nature en faisant rebondir son palet sur une surface liquide. Il ne construit pas non plus une cabane ou un bateau de bois, faisant montre d’habileté technique, suivant un plan précis et dans un but qui a un semblant d’utilité. Non, son activité est totalement improductive : les cailloux coulent, laissant des cercles s’agrandir et s’estomper. Ce geste est apparemment absurde et vain.