Rencontre

Ismaël Saïdi. Le dramaturge qui joue Platon contre le djihad

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Cet article est issu du numéro 107 de Philosophie magazine « Peut-on aller bien dans un monde qui va mal ? », en kiosque le 15 février 2017. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

« Marine Le Pen est ma muse ! » Venant de ce dramaturge belge « gaucho invétéré doublé d’un musulman assumé », la formule peut surprendre. « Face aux départs pour le djihad, la présidente du Front national avait affirmé : “Ça ne me dérange pas qu’ils partent tant qu’ils ne reviennent pas.” Cela m’a mis hors de moi. Au même moment, je suis tombé sur une vidéo d’un ancien camarade d’école, Kalachnikov à la main, en Syrie. J’ai écrit Djihad en 2014 sous le coup d’une nécessité intérieure. » Sa pièce raconte le voyage burlesque de trois jeunes Belges en Syrie. Elle met en lumière le mélange de bêtise et de fanatisme qui anime ces nouveaux révoltés. Grâce à l’humour et à l’authenticité des dialogues, elle ne délivre aucune leçon si ce n’est une invitation à assumer la déchirure des consciences. Montée sans budget, elle a été reconnue d’utilité publique par le ministère de l’Éducation en Belgique et a déjà rassemblé plus de 100 000 spectateurs.

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