« J’ai un problème avec le respect des lois...
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Cet article est issu du numéro 29 de Philosophie magazine « 29 - mai 2009 », en kiosque le 30 avril 2009. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
...Je n’arrive pas à m’arrêter au feu rouge, à ne pas fumer lorsque c’est interdit… J’ai instinctivement envie de transgresser les règlements, et je n’aime pas trop croiser la police dans la rue. On me dit souvent que ce n’est pas bien de se comporter ainsi, que c’est égoïste. Qu’en pensez-vous ? » Laurent Debousse
Vous n’avez pas forcément raison d’être rebelle ou mauvais citoyen, mais l’accusation d’immoralité – « attention, ce n’est pas bien ! » – est déplacée. Vous avez un problème avec le droit. Or, le droit n’est pas la morale. Le droit n’est que général, la morale vise l’Universel. Les règles ou les lois sont faites pour permettre la vie ensemble d’un certain nombre d’individus à un moment donné. La distinction morale entre le Bien et le Mal est censée s’appliquer de tout temps à tous les individus. Mais surtout : on ne peut pas juger de la moralité ou de l’immoralité d’un comportement depuis l’extérieur. Seul celui qui agit sait, de l’intérieur, s’il a agi en voulant faire le Bien ou non. La morale dépend de la qualité de l’intention. Personne ne peut savoir – de l’extérieur – quelle était votre intention lorsque vous avez enfreint la loi. Kant a bien montré que la grandeur du comportement moral tenait à sa liberté intrinsèque : c’est lorsque ma volonté de faire le Bien est vraiment mienne, lorsque, donc, je n’obéis qu’à moi en voulant faire le Bien, que je suis un être moral.