Jean-Luc Domenach : « L’humanitaire est aux yeux du régime un mystère »

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Cet article est issu du numéro 20 de Philosophie magazine « 20 - juin 2008 », en kiosque le 29 mai 2008. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Jean-Luc Domenach, sinologue, dresse un portrait contrasté de cette puissance, où l’incertitude quant à l’avenir domine. Il analyse les modalités d’une confrontation culturelle entre Extrême-Orient et Occident.

 

Philosophie magazine : Voyez-vous les prochains Jeux olympiques de Pékin comme un pas supplémentaire de la Chine vers son occidentalisation ou comme une confrontation « musclée » entre les valeurs occidentales et chinoises ?

Jean-Luc Domenach : En adressant la candidature de Pékin au Comité international olympique, les dirigeants chinois pensaient avaliser la place nouvelle qu’occupe le pays dans le capitalisme mondial. Il s’agissait d’affirmer leur capacité à organiser cette fête et à remporter des médailles. Ce projet s’est heurté à des protestations humanitaires d’une ampleur inattendue. Devant l’imprévu, Pékin est entré dans une logique de catastrophe. On assiste à une régression du régime, qui revient à ses bases idéologiques. C’est sensible dans la violence des propos tenus dans les médias officiels sur le dalaï-lama ou sur les étrangers. Ou encore lors de la manifestation de soutien organisée par l’ambassade de Chine, à Paris, qui a regroupé des expatriés place de la République, le 19 avril dernier… Par ailleurs, il faut savoir que la propagande du régime ne maîtrise pas la circulation de l’information, que le bouclage d’Internet est imparfait et que les médias occidentaux pénètrent en Chine, comme cela s’est vu durant la crise du Sras. Cependant, dans le cas des Jeux, la réaction des internautes chinois a été éloquente : touchés dans leur fibre nationaliste, ils ont volé au secours de leur pays.

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