Jean Pic de la Mirandole : vis vite, meurs jeune (1463-1494)
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Cet article est issu du numéro 47 de Philosophie magazine « 47 - mars 2011 », en kiosque le 24 février 2011. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Jean Pic de la Mirandole, éphémère étoile de la République de Florence, évoque aujourd’hui l’érudition encyclopédique, mais c’est aussi un homme de convictions et d’audace, dont la pensée a illuminé la Renaissance.
L’« étoile de la Mirandole », comme le surnommait son maître Marsile Ficin, commence à briller dans l’Italie prospère du Quattrocento, près de Modène. Sa naissance, dit-on, est accompagnée d’un curieux présage – une boule de feu se serait balancée dans les airs de la chambre où il a vu le jour – qui semble annoncer son génie et la fugacité de son existence. L’étoile sera donc filante. Et Pic se distingue en effet par sa précocité. Destiné par sa mère à une carrière ecclésiastique, il est nommé officier du Saint-Siège à l’âge de 10 ans, et proclamé « Prince des poètes et des orateurs » la même année. Spécialiste réputé en droit canon à seulement 15 ans, puis célèbre pour maîtriser quelque 22 langues, Pic de la Mirandole fréquente les grandes universités européennes où il se familiarise avec la philosophie d’Aristote et d’Averroès, la Kabbale juive et le néoplatonisme. À Florence, il est l’hôte adulé de Laurent de Médicis, dit le Magnifique, qui sera le protecteur bienveillant de cet astre audacieux.