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La notion/Syndémie

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La notion/Syndémie

© Su San Lee/Unsplash

Cet article est issu du numéro 146 de Philosophie magazine « 2021, on improvise ! Comment agir dans l’incertitude », en kiosque le 14 janvier 2021. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

« Le Covid-19 n’est pas une pandémie », affirmait il y a peu Richard Horton, rédacteur en chef de la plus célèbre revue médicale, The Lancet. Certes, sa propagation est devenue un problème mondial (du grec pan-, « tout »). Mais le virus a également profité de l’entrelacs de nombreux autres facteurs pathologiques minant la santé humaine de manière structurelle : obésité, diabète, tabagisme, cancer, etc. Le Covid-19 ne peut être pensé indépendamment de ces problèmes de fond : « c’est une syndémie » – du grec syn-, « avec » –, un terme inventé dans les années 1990 par l’anthropologue américain Merrill Singer. Sans nous en rendre compte, nous étions déjà malades de nos modes de vie avant d’être malades du virus. Nous avions déjà, avant l’épidémie, perdu le « luxe de tomber malade et de s’en relever » qui définit la santé pour le philosophe Georges Canguilhem dans La Connaissance de la vie (1952) : « Vivre, […] ce n’est pas seulement végéter et se conserver, c’est affronter des risques et en triompher. » Depuis des années, nous vivons confinés dans « un milieu “rétréci” », coupé de l’extérieur et régi par l’exigence de la survie. Et si la crise syndémique était l’occasion de repenser nos politiques sanitaires, afin qu’elles valorisent la santé et non la lutte contre les maladies ?

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