La sagesse du passage 

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Cet article est issu du numéro 32 de Philosophie magazine « 32 - septembre 2009 », en kiosque le 27 août 2009. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Notre époque a la nostalgie des rites de passage. Depuis la fin du service militaire, la désacralisation du mariage et le désenchantement du deuil, on cherche à réinventer quelque chose qui nous rappellerait ce fait simple et pourtant « incontournable » : il y a dans la vie des étapes obligées pour lesquelles il vaut mieux être un peu préparé. Comment quitter l’enfance ? Comment entrer en couple ? Que signifie avoir des enfants ? Que dire et faire après la disparition d’un être cher ? À l’égard de ces questions - banales, notre désarroi est abyssal, quand le passé se tait et que le ciel se vide. Du coup, il nous arrive de lorgner avec envie vers l’avant et l’ailleurs ; du côté des traditions et des cultures qui maîtrisent encore le sens de la ritualité. Que ce soit dans les coutumes africaines, dans les doctrines indiennes ou dans les philosophies chinoises, nous recherchons les éléments d’une sagesse des âges qui semble nous faire défaut. Selon elle, à chaque étape de sa vie, l’individu se trouve pris en main par la communauté qui lui rappelle la banalité de son destin : « ta vie a déjà été vécue des millions de fois » ; « voici, donc, comment il te faut naître, grandir, vieillir et finalement mourir » ; mais, quoi qu’il en soit, « fais ton âge ! ». Face à l’angoissant flux de l’inexorable, les rites sont ici des balises rassurantes, scansions régulières d’une vie ordinaire… ou extraordinaire.

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