Entretien

“La seule façon de tourner la page est de faire face au passé” : les réparations à Haïti vues par l’historienne Ana Lucia Araujo

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“La seule façon de tourner la page est de faire face au passé” : les réparations à Haïti vues par l’historienne Ana Lucia Araujo

Ana Lucia Araujo. © Belanger58/CC BY-SA 4.0

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Deux cents ans après l’imposition par la France d’une dette colossale au nouvel État haïtien pour la reconnaissance de son indépendance, le président Emmanuel Macron reconnaît une injustice historique envers cette ancienne colonie. Autrice d’un essai qui vient de paraître en français, Réparations. Combats pour la mémoire de l’esclavage (XVIII-XXIe siècle) (Seuil, 2025), l’historienne brésilo-américaine Ana Lucia Araujo retrace l’histoire ambivalente de la notion de « réparation ». 


 

Vous montrez que la demande de réparations a une longue histoire, même si le terme n’a pas toujours été utilisé. Depuis quand parle-t-on de “réparations“ ? 

Ana Lucia Araujo : Le terme « réparation » commence à être utilisé notamment à partir du XXe siècle dans le domaine du droit international à la suite des débats concernant les réparations accordées aux nations pour les dommages subis en temps de guerre – on parle ici des réparations payées par l’Allemagne à la suite de la Première Guerre mondiale. C’est donc au début du XXe siècle que les acteurs sociaux demandant des réparations pour l’esclavage commencent à utiliser ce mot. Avant, du XVIIIe jusqu’à la fin du XIXe siècle, ils avaient plutôt utilisé des synonymes comme correction, compensation, indemnisation, repentance, remboursement et restitution.

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