La Thanatocrate
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Cet article est issu du numéro 78 de Philosophie magazine « 78 - avril 2014 », en kiosque le 27 mars 2014. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
« Hiroshima est la bascule la plus radicale de ma vie. Je n’en ai réalisé l’importance que quinze ans après l’événement. Après Hiroshima, nul ne pouvait plus croire que chaque savant œuvrait pour le bien de l’humanité. La bascule d’Hiroshima n’est pas interne à la science, mais une bascule de la science qui pose à la morale et à la société des problèmes inédits. Depuis lors, aucune science ne peut plus progresser sans se confronter à l’éthique.
Dans un article paru en 1972 et intitulé “La thanatocratie”, j’écris qu’il y a désormais trois morts : la mort individuelle qui touche chacun, la mort collective qui a touché la civilisation gréco-latine ou d’autres civilisations dans l’histoire, et enfin la mort possible de l’espèce humaine.