L’exemple

La théière de Bertrand Russell

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Cet article est issu du numéro 21 de Philosophie magazine « 21 - été 2008 », en kiosque le 03 juillet 2008. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Pour ce sceptique britannique, les croyances religieuses tirent leur force de la tradition et des habitudes. Pour le démontrer, il imagine une théière céleste.

C’est un scoop : il y aurait une théière en porcelaine, trop petite pour être détectée par les télescopes, qui serait en orbite entre la Terre et Mars. Voilà la croyance volontairement absurde imaginée par Bertrand Russell dans un petit article de 1952 (« Is There a God ? », « Y a-t-il un dieu ? ») consacré aux croyances religieuses. Le logicien britannique entend faire un parallèle entre la croyance imaginaire et celles bien réelles des religions. Son propos est simple : il cherche à comprendre d’où vient la force de nos croyances. Qui pourrait penser qu’il serait intolérable de remettre en cause la croyance en cette théière ? Personne, bien sûr, car elle ne saurait avoir un poids suffisant pour contraindre les non-croyants. Pourtant, si cela nous semble absurde dans le cadre de cet exemple, d’où vient alors que cela ait pu se passer avec les croyances religieuses que l’on connaît ?

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