Le clivage gauche/droite toujours d’actualité

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Le clivage gauche/droite toujours d’actualité

 

Sondage réalisé par Ipsos pour Philosophie magazine les 17 et 18 février 2012 sur un échantillon de 969 personnes représentatives de l’ensemble de la population âgées de 18 ans et plus selon la méthode des quotas.

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Cet article est issu du numéro 58 de Philosophie magazine « 58 - avril 2012 », en kiosque le 29 mars 2012. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Le vote Hollande nettement plus proche du Contrat social que du Léviathan

Si les valeurs rousseauistes sont plébiscitées par l’ensemble de la population française, certaines divergences sont à relever. Premièrement, l’électorat socialiste est attaché à l’État providence, qui ne se contente pas d’assurer l’ordre et la sécurité, mais se préoccupe aussi du bien-être de la population. Ce souci englobe des postes aussi différents que la santé ou l’éducation, voire la culture. Pour la droite, traditionnellement, une bonne partie de ces fonctions pourrait être assumée par l’initiative privée. Et l’État, lorsqu’il veille au bien-être de tous, risque de créer infantilisation et assistanat, il se transforme en « Big Mother ». Deuxièmement, Rousseau avait tendance à se méfier des élus et de façon générale de tout citoyen placé par sa fonction au-dessus des autres ; aussi recommandait-il au peuple de rester vigilant. Cette méfiance de principe envers toute autorité incarnée dans un homme ou une caste – car pour Rousseau la souveraineté appartient au peuple – reste très répandue à gauche, tandis que l’électorat de droite est plus prompt à s’en remettre aux élus, une fois en place. Selon Hobbes et ses successeurs, la soumission à l’autorité des chefs de l’exécutif est une bonne garantie de maintien de l’ordre, et tant pis s’il faut parfois subir leur arbitraire. Troisièmement, la conception de la nature humaine est un peu plus sombre à droite : l’homme est un loup pour l’homme, l’homme est mauvais par nature, voilà des motifs qui convainquent bien davantage les électeurs FN et UMP que PS ou Front de gauche. Pour le reste, les oppositions sont moins significatives.

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