À travers le monde : l’Europe
Jean-Louis Bourlanges : « Le clivage gauche-droite a pris le dessus sur celui des pro- et des anti-Européens »
Cet article est réservé aux abonnés.
Cet article est issu du numéro 6 de Philosophie magazine « 6 - février 2007 », en kiosque le 25 janvier 2007. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Efficace, éloquent, le couple gauche-droite s’est imposé sur tous les continents. Quatre personnalités déclinent ses particularités en Amérique, au Parlement européen et en politique internationale.
Le clivage gauche-droite joue-t-il un rôle important au Parlement européen ?
Il a pris, depuis une dizaine d’années, une importance accrue. Mais la spécificité de la politique européenne est qu’il n’y a pas de hiérarchie des clivages. Dans les démocraties nationales, le clivage gauche-droite recoupe celui de la majorité-opposition, il structure idéologiquement le soutien et l’opposition au gouvernement. Le Parlement européen n’étant rattaché à aucun exécutif, il n’y a pas une majorité gouvernementale et une minorité d’opposition distinctes idéologiquement. Du coup, il y a coexistence entre plusieurs clivages et un jeu mouvant entre eux. Le clivage gauche-droite côtoie celui des pro- et des anti-Européens, et le clivage des bénéficiaires net et des contributeurs net au budget européen. En outre, il y a une culture du compromis : toute décision suppose un accord entre les grands groupes politiques ou des arbitrages en assemblée plénière sur les points d’achoppement. L’Europe est une démocratie de réglage et non une démocratie d’opposition.