Présidence / Politique étrangère

Le décisionnisme moral de François Hollande

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Le décisionnisme moral de François Hollande

(cc) Rafael Holanda Barroso / Flickr

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Cet article est issu du numéro 76 de Philosophie magazine « Peut-on être honnête et réussir ? », en kiosque le 23 janvier 2014. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Il y a un fossé entre la façon dont le président gère (difficilement) les affaires intérieures du pays et celle dont il règle (avec audace) les problèmes sur la scène internationale. Décryptage.

François Hollande est-il schizophrène ? On peut se le demander tant sa manière de commander à l’intérieur du pays se démarque de son action internationale. En France, le président tergiverse, recule (sur l’écotaxe), annonce des chocs de simplification (administrative) ou des remises à plat (fiscales), sans que rien ne se produise, propose des solutions de compromis qui déçoivent tout le monde (sur l’affaire Leonarda par exemple, qu’il autorise à rentrer en France, mais sans sa famille), impose des changements de cap soudains (en proposant, lors de ses vœux, un « pacte de responsabilité » aux entreprises), peine à tenir ses troupes… Mais, à l’extérieur, le président de la République se mue en faucon. François Hollande a fait intervenir l’armée française au Mali, en janvier 2013, afin de protéger la population de la guérilla islamiste. En visite à Bamako en février 2013, il avoue même qu’il vient de vivre « la journée la plus importante de sa vie politique ». Diantre. Face aux attaques chimiques de l’armée syrienne sur sa population, en août, il a soutenu une intervention armée avec les États-Unis. Et il s’est retrouvé bien seul, tel un poussin armé d’une mitraillette, lorsque Barack Obama a soudain décidé de négocier avec les ennemis d’hier. À Genève, au mois de novembre, lors du premier round de négociations sur le nucléaire iranien, c’est le couple Hollande-Fabius qui a fait capoter un accord rapide avec Téhéran. Dernière étape de cette étonnante doctrine, la périlleuse intervention solitaire de la France en République centrafricaine, lancée le 5 décembre et destinée à éviter un bain de sang intercommunautaire.

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