Généalogie

Le localisme a-t-il une couleur politique ?

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Hervé Juvin (g.), eurodéputé membre du Rassemblement national, et Andréa Kotarac (d.), candidat du RN à la présidence du Grand Lyon, lors d’une conférence de presse le 21 février 2020 à Villeurbanne

Hervé Juvin (g.), eurodéputé membre du Rassemblement national, et Andréa Kotarac (d.), candidat du RN à la présidence du Grand Lyon, lors d’une conférence de presse le 21 février 2020 à Villeurbanne. © Robert Deyrail/Gamma-Rapho

« C’est parce qu’on est fier de la petite patrie qu’on peut défendre la grande patrie » : deux membres du Rassemblement national, Hervé Juvin et Andréa Kotarac, ont annoncé mardi la création d’un nouveau parti : le Parti localiste. Dans leur manifeste, « Chez nous ! », les deux fondateurs promeuvent « une décision au plus près des territoires, l’écologie authentique ou les circuits courts. » L’objectif est double, à leurs yeux. D’une part, réparer le lien social abîmé : « Le renouveau du localisme et des identités est un facteur d’intégration. » D’autre part, redonner du pouvoir aux Français, qui d’après eux « n’ont plus leur mot à dire ». Pensé non comme un rival du RN, mais comme un « complément », le Parti localiste souligne que le RN, « très exigeant sur les fonctions régaliennes, sur la centralisation et la verticalité, a besoin de transformer sa vision du pouvoir en intégrant ce besoin d’horizontalité et de différenciation locale. » L’inflexion était, à vrai dire, déjà assumée par Marine le Pen elle-même. En 2019, elle affirmait que « la logique du localisme, cette révolution de la proximité […] est la pierre angulaire de notre projet. »

S’il est en général considéré comme un thème de la droite conservatrice et identitaire, le local est de plus en plus réinvesti à gauche ces dernières années, non sans susciter quelques polémiques. Les mouvements écologistes en particulier se montrent sensibles à la réévaluation du local : ils y voient une manière de réhabiliter le circuit court, de renouer avec la nature ou encore de lutter contre les désastres de la société mondialisée. Plus que jamais, le localisme brouille les lignes politiques. Andréa Kotarac lui-même était d’ailleurs membre de la France insoumise avant de passer au RN. L’histoire de la « pensée locale » dévoile que le localisme est traversé par au moins deux tendances, qu’il est nécessaire de distinguer : l’une identitaire, l’autre politique qui, si elles partagent une préoccupation écologique, en ont en fait une conception extrêmement différente.

La double histoire du localisme
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