Le mal et le noir

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Le mal et le noir

Adolphe William Bouguereau (1825-1905), Dante et Virgile aux Enfers, 1850. Huile sur toile, 281 x 225 cm. Paris, musée d’Orsay, RF 2010 8 © Musée d’Orsay, dist. RMN / Patrice Schmidt

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Annie Le Brun. Ces forces maléfiques ont été repérées et nommées suivant la construction chrétienne du monde. Au 18e siècle, avec l’essor de la science et le recul de la religion, ces entités mêlées à la nature, fondues entre tous les éléments, ne sont plus aussi identifiables. Le mal, jusqu’alors extériorisé, se recentre au dedans de chacun. Il acquiert une nouvelle proximité. L’idée de noir, à la différence du “mal”, nous préserve de l’interprétation chrétienne du monde. Le noir est un inconnu, il recouvre une absence de maîtrise qui fascine, que seule la représentation nous permet d’appréhender, en donnant forme à ce qui nous torture et nous hante. Voici le point départ de la psychanalyse : nommer et représenter. Le Cauchemar de Füssli est la clé de cette sensibilité qui point à la fin du 18e siècle. Le tableau illustre toutes les inquiétudes de l’époque, la sensibilité nouvelle portée non plus vers une transcendance, une divinité régulatrice, mais vers l’individu, en prise avec le monde.
 

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