Le museau vinaigrette d’Emmanuel Levinas

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Cet article est issu du numéro 100 de Philosophie magazine « Qu’est-ce que la philosophie ? », en kiosque le 26 mai 2016. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Pour 4 personnes
300 g de museau coupé en fines tranches, 1 c. à soupe de persil haché, 1 c. à s. de ciboulette ciselée, 4 cornichons, 3 petits oignons, 4 c. à s. d’huile de tournesol, vinaigre de vin rouge, sel, poivre, 4 belles tomates bien mûres

 

Puisqu’il n’est point d’accueil sans recueillement dans une demeure, l’hospitalité de l’hôte pour l’Autre suppose toujours déjà la séparation de l’ego dans une Maison. Car en cette familière œcuménie de l’être, dans cette intimité de l’abri isolé des étants mondains, réside aussi l’apertacle où s’ouvre toute extériorité (quand bien même cette extériorité ferait éclater le Même). Et parce qu’aucun visage ne saurait être abordé les mains vides, l’épiphanie de l’Autre aura pour condition la sollicitude affairée de la Femme. C’est en effet par son entremise discrète que s’avance le museau vinaigrette, cet autre nom de la bonté.

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