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Le vide mental : c’est grave, docteur ?

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Le vide mental : c’est grave, docteur ?

© Deagreez/iStockphoto

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Notre activité cérébrale connaît des moments de vide. C’est parce que notre flux de conscience est discontinu. Mais vider volontairement sa conscience, par exemple dans la méditation, n’est pas la même chose. Explications.


Penser à “rien”

Imaginez : vous êtes plongé dans un film. Soudain, on vous interrompt pour vous demander ce à quoi vous étiez en train de penser. Le plus probable est sans doute que vous répondiez : à l’intrigue palpitante. Peut-être confesserez-vous que vous vous laissiez aller à quelques rêveries. Mais il y a une troisième possibilité : que vous n’ayez rien à dire du tout. Votre esprit n’était pas ailleurs : vous ne pensiez simplement à rien, en dépit des sollicitations. Ce phénomène a été baptisé « vide mental » (mind blanking). Il a été mis en évidence en 2013 par les chercheurs Adrian Ward et Daniel Wegner. Ni « concentration », ni « vagabondage », le phénomène, plus fréquent chez les sujets fatigués, y compris ceux absorbés dans une tache exigeante, a récemment fait l’objet d’une nouvelle étude relayée dans Le Monde, qui entreprend d’en identifier les signes dans l’activité cérébrale.

“La conscience est, au fond, un phénomène discontinu”

 

L’analyse par électroencéphalographie évite l’écueil du « questionnaire », qui trouble souvent les résultats : si l’on me demande à quoi je pensais, je me mets en général à penser à quelque chose. La sollicitation perturbe l’évaluation de l’état de conscience qui était le mien il y a une fraction de seconde. L’étude de l’activité neuronale permet d’échapper à ce genre d’interférences, en identifiant des indicateurs qui suggèrent que le sujet est plongé dans un état de vide mental à l’instant t.

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