La petite question

Parler, est-ce renoncer à (bien) voir ?

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Parler, est-ce renoncer à (bien) voir ?

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Dans un article publié par la revue Brain Sciences, des chercheurs de l’université de Bergen, en Norvège, affirment qu’au cours de son évolution, notre cortex cérébral a pu développer le langage en sacrifiant partiellement une autre faculté : la perception de notre environnement. C’est grave, docteur ?

 

Christer Johansson et Per Olav Folgerø, auteurs de l’article, s’attachent d’abord à rejeter l’idée selon laquelle il y aurait, dans le cerveau, des aires spécifiquement dédiées au langage, qui seraient apparues avec Homo sapiens : les « primates pré-humains », expliquent-ils, possèdent des aires « analogues » à celles qui nous permettent de traiter le langage. Mais celles-ci se trouvent « dans, ou près des voies reliant les zones visuelles aux zones préfrontales ».

Le langage, contemporain de la réduction de notre cerveau

Autrement dit, l’homme – pour reprendre les mots d’Ernest Renan, dans De l’origine du langage – est « naturellement parlant ». L’être humain possédait, bien avant de l’exploiter, le langage en puissance. Mais l’actualisation du langage s’est effectuée au prix du sacrifice d’autres fonctions cognitives, en l’occurence la perception visuelle. L’article suggère d’ailleurs que le langage serait apparu bien plus tard qu’on ne le pense : il daterait, dans son plein développement, de la fin du Paléolithique, il y a 50 000 à 10 000 ans, et il serait contemporain à la fois de la « réduction de la taille de notre cerveau » et de l’appauvrissement de la perception visuelle.

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