La citation corrigée
“L’effort qu’on fait pour être heureux n’est jamais perdu”
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Cet article est issu du numéro 141 de Philosophie magazine « Le bonheur est dans le près », en kiosque le 17 juillet 2020. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Voici ce que dit Alain quand Jacques ajoute : « Il faudrait essayer d’être heureux, ne serait-ce que pour donner l’exemple. »
(Jacques, c’est Prévert. Alain, c’est Émile-Auguste. Ne cherchez pas à comprendre.)
Être heureux, vous pensiez que c’était quoi ? De la félicité ? De la bonté, de la douceur, de la beauté ? Non, le bonheur, c’est du taf et rien d’autre ! Le bonheur, bande de tire-au-flanc, c’est du sang et des larmes ! Non, mais vous vous imaginiez quoi ? Que le bonheur allait vous tomber comme ça, tout rôti dans le bec ? Espèce de flemmards, de glandeurs ! Vous vous attendiez à quoi ? Que la quête du bonheur, c’était une promenade de santé ? Non ! C’est un chemin de croix ! « Du sang, du labeur, des larmes et de la sueur », comme dirait Winston. Qu’est-ce que vous croyiez, bande de lavettes ? Que le bonheur, c’était un pique-nique au bord de la rivière, des enfants qui jouent avec un ballon, une jeune fille au soleil, un aïeul qui s’assoupit sur un transat ? Non, le bonheur, c’est du pain sur la planche ! C’est un chantier ! C’est un édifice qu’on érige, un viaduc, une cathédrale, un pont suspendu ! Et que tournent la grande roue d’écureuil et les cabestans afin que s’élève la magnificence, tandis que, pierre à pierre, sur leur dos cassé, les ouvriers, pas à pas, acheminent, péniblement, laborieusement, la beauté sur laquelle chacun va s’extasier. Le bonheur, c’est un sacerdoce, c’est le travail de toute une vie !