Afrique / Guerre
“L’épicentre de la souffrance humaine dans le monde” : au Soudan, un “génocide oublié” ?
Camp de réfugiés de Touloum, à l’est du Tchad. Une femme originaire du Darfour, au Soudan. © Amr Abdallah Dalsh/Reuters
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Cet article est issu du numéro 196 de Philosophie magazine « Comment recommencer ? En amour, au travail, dans la vie », en kiosque le 15 janvier 2026. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Depuis deux ans, le Soudan est en proie à une guerre civile d’une rare violence. Pourquoi ce conflit très meurtrier mobilise-t-il si peu l’attention internationale ?
« L’épicentre de la souffrance humaine dans le monde. » C’est ainsi que Tom Fletcher, chef des opérations humanitaires de l’Organisation des Nations unies (ONU), a qualifié ce qui se passe au Soudan. En octobre 2025, les Forces de soutien rapide (FSR) ont pris le contrôle de la ville d’El-Fasher (Darfour) dans un bain de sang. Des dizaines de milliers de personnes ont été assassinées par les FSR ou jetées sur les routes montagneuses de cette région aride.
Désolation, violence, famine
Lorsque la guerre civile a repris, début 2023, 15 000 personnes avaient déjà été tuées à Al-Geneina en deux semaines, par les mêmes milices du général Dogolo, dit « Hemetti », rival du général al-Burhan, le chef des Forces armées soudanaises (FAS). La capitale Khartoum, reprise par les FAS, qui contrôlent le centre et l’est du pays, a également été le théâtre de terribles affrontements. Partout, règnent la désolation, la violence et la famine.