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Les cryptomonnaies sont-elles vraiment immatérielles ?

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Les cryptomonnaies sont-elles vraiment immatérielles ?

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Les cryptomonnaies, comme l’ensemble des objets numériques, n’ont rien d’immatériel, comme le montre le philosophe Fabrice Flipo, auteur l’an passé de L’Impératif de la sobriété numérique (Éditions Matériologiques). Il est urgent de prendre en compte leurs effets réels, écologiques en particulier. 

 

Bitcoin et Chia, la nouvelle cryptomonnaie chinoise, font signe vers deux facettes essentielles de ce que le philosophe Fabrice Flipo nomme la « face cachée du numérique ». Sous couvert de « dématérialisation », les différents usages du virtuel sont tributaires : 

  • d’une consommation d’énergie. Les Bitcoins sont, en effet, générés par le biais du minage : chaque utilisateur peut mettre à disposition du réseau la puissance de calcul de son équipement informatique pour vérifier la validité des transactions (des blocs). Il est alors rémunéré en Bitcoin. Cependant, plus la puissance totale du réseau augmente (plus il y a de mineurs) et plus la difficulté des calculs augmente. Le réseau est en effet structuré par une contrainte temporelle : la génération de 2016 blocs doit toujours prendre quatorze jours. La difficulté du minage s’adapte en fonction de cette échéance : plus les calculs se complexifient et plus la consommation d’énergie augmente. 
  • d’un ensemble de biens matériels – ordinateurs, processeurs, disques durs, puces, etc. C’est vrai du Bitcoin, et plus encore du Chia, qui fonctionne non par puissance de calcul, mais par capacité de stockage sur disques durs (dont la production a consommé, bien évidemment, de l’énergie, de l’extraction des matières premières à leur transformation).
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