Cinéma

“L’Événement” invisible de l’avortement clandestin

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“L’Événement” invisible de l’avortement clandestin

Anne (Anamaria Vartolomei, à droite), avec ses amies Brigitte (Louise Orry-Diquero, à gauche) et Hélène (Luàna Bajrami, au centre), dans le film L’Événement, d’Audrey Diwan, d’après le roman d’Annie Ernaux. © Wild Bunch distribution

Un événement, écrivait Hannah Arendt, est « une brèche dans le temps ». C’est quelque chose qui éclate comme un éclair dans la nuit et qui donne envie d’en parler sans cesse, pour comprendre ce qui nous est « tombé dessus ». Or la réalité de l’avortement clandestin dans le film L’Événement d’Audrey Diwan (en salles le 24 novembre), lauréat du Lion d’or à la dernière Mostra de Venise et adapté du livre d’Annie Ernaux, est invisible. Le mot n’y est pas prononcé une seule fois. Parce qu’il est condamné, l’avortement dans la France des années 1960 n’a pas accès à la dignité existentielle, sociale et politique d’un « événement ». 
 



La bande annonce de L’Événement de Audrey Diwan, d'après le roman d’Annie Ernaux.
Comment Annie Ernaux, et Audrey Diwan à sa suite, ont-elles réussi à donner à l’expérience de l’avortement clandestin, la consistance d’un événement ?

L’Événement, d’Audrey Diwan, d’après le livre d’Annie Ernaux, avec, entre autres, Anamaria Vartolomei, Kacey Mottet-Klein, Sandrine Bonnaire et Pio Marmaï. En salles. Durée : 1h40.

Lecture croisée d’un livre et d’un film qui font « événement »
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