France / Drogue

L’herbe pousse, l’Élysée résiste

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Cet article est issu du numéro 117 de Philosophie magazine « 117 - mars 2018 », en kiosque le 15 février 2018. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Le gouvernement refuse de dépénaliser l’usage du cannabis, alors même que la répression ne fait pas baisser la consommation et maintient une économie mafieuse. Qu’est-ce qui empêche donc Emmanuel Macron d’être aussi pragmatique qu’il le prétend ?

Le cannabis a toujours fait tousser nos politiques. Même ceux qui affichent une approche libérale et antidogmatique comme Emmanuel Macron. Le 24 janvier dernier, un rapport parlementaire est présenté à la commission des lois de l’Assemblée nationale. Les rapporteurs préconisent de remplacer la garde à vue et l’incarcération des fumeurs de cannabis par une amende forfaitaire de 150 à 200 euros. L’objectif est ici l’efficacité : rendre la sanction « plus rapide et plus effective ». L’amende permettrait également de « réduire les moyens en temps et en effectifs nécessaires au traitement de cette délinquance ». Bref, de soulager policiers et magistrats pour les réorienter vers le démantèlement des réseaux.

Le président de la République se réclame du pragmatisme. Dans son livre de campagne Révolution, il affirme que « le travail du politique ne saurait […] se résumer à appliquer des dogmes. […] Nos concitoyens […] attendent [que leurs responsables] donnent un sens aux choses et développent des solutions concrètes et efficaces ». Cette attitude est bien celle des fondateurs de ce courant de la philosophie américaine. Dans Le Pragmatisme (1907), William James soutient que la valeur d’une idée tient aux conséquences pratiques qu’elle peut avoir : « Pour faire apparaître la signification d’une pensée, il suffit de déterminer quelle conduite elle est susceptible d’induire. » Ce qui importe est de trouver « une théorie qui marche », en évitant autant que possible les « fausses questions » et les débats « interminables ».

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