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“L’identité, c’est ce qu’on est prêt à endosser en nom propre devant les autres”
© Éditions du Seuil
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De quoi l’identité est-elle le nom… et le non ? Dans son nouvel essai, L’Identité humaine en dialogue (Éditions du Seuil, 2022), le philosophe et écrivain Claude Romano s’écarte de la conception courante de l’identité, désignant une appartenance à un groupe, pour la tirer vers le concept d’ipséité. Une clarification du principe d’identité, comme manière d’être.
Si l’identité forme un mot clé de notre temps, à la mesure des livres multiples sur le sujet et des controverses actuelles dans le débat public, l’ambivalence de sa définition échoue souvent à clarifier ses enjeux. De quoi parle-t-on exactement lorsqu’on évoque l’identité ?
À cette question, quelques philosophes contemporains, de Vincent Descombes à Vincent Carraud, et très récemment Paul Audi, ont déjà apporté des réponses solides. Elles sont approfondies par le nouveau livre exigeant de Claude Romano, L’Identité humaine en dialogue (Éditions du Seuil, 2022). Un essai qui défend la nécessité d’un « véritable changement de paradigme dans l’approche philosophique de la question de l’identité ». Pourquoi et comment ?
Une critique de la raison identitaire
L’identité n’est en fait devenue une question, voire un problème, que de manière très récente, observe l’auteur. Pratiquement absente du vocabulaire philosophique, hormis dans l’acception restreinte du principe d’identité, elle n’a envahi les sciences humaines et sociales qu’à partir des années 1960. Pour devenir un enjeu existentiel, la quête de l’identité ayant accompagné les grands mouvements d’émancipation et les luttes contre les discriminations, jusqu’à donner naissance à une « politique des identités ».