Des mots pour le dire
Massacres en Iran : qu’est-ce qu’un “démocide” ?
Cette image extraite d'une vidéo tournée entre le 9 et le 11 janvier 2026 et diffusée sur les réseaux sociaux montrerait une morgue où gisent des dizaines de corps et où se recueillent des personnes en deuil après la répression menée dans la banlieue de la capitale iranienne, à Kahrizak, dans la province de Téhéran (Iran). © UGC via AP/Sipa
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Pour caractériser la répression de masse du peuple iranien par le régime des mollahs, faut-il parler de « démocide » ? Ce terme récent désigne la destruction violente de l’opposition politique et a l’avantage d’être plus précis que le génocide. Décryptage.
Comment qualifier la répression meurtrière orchestrée par l’Iran contre les manifestants hostiles au régime ? Pour l’essayiste et critique d’art ukrainien Artur Sumarokov, il faut parler de « démocide » (du grec demos, « peuple », et -cide qui est issu du latin caedere, « tuer »). Cette notion, écrit-il, « englobe les exécutions massives, les disparitions forcées et la répression systématique de la dissidence par la violence étatique. » Les politique démocidaires, ajoute-t-il, sont « intentionnelles, dirigées par l’État et visant des segments de la population perçus comme déloyaux ». Les victimes « ne sont pas des ennemis étrangers ou des insurgés armés, mais des citoyens ordinaires – étudiants, travailleurs, femmes, minorités ethniques – qui revendiquent leurs droits fondamentaux. »
La “mort par gouvernement”
Si la notion de démocide resurgit dans l’actualité, elle est apparue il y a plusieurs décennies. Le politologue américain Rudolph Joseph Rummel la développe en 1994 dans un ouvrage au titre explicite : Death By Government – « mort par gouvernement ».