Un classique éclaire le présent

Mayotte : Aimé Césaire et la théorie du choc en retour

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Une femme crie face à un gendarme français lors de la démolition d'un campement informel à Longoni, Mamoudzou, sur l’île de Mayotte (976), le 27 avril 2023

Une femme crie face à un gendarme français lors de la démolition d'un campement informel à Longoni, Mamoudzou, sur l’île de Mayotte (976), le 27 avril 2023. © Patrick Meinhardt/AFP

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« Mayotte est un laboratoire. Ce que la police française ne se permet pas (encore) en Hexagone (sur des corps blancs) finira par y arriver » : c’est en ces termes que le musicien Saliou Seck alias Ræve réagissait récemment, sur Twitter, à l’utilisation de tirs à balles réelles « vers le sol et pour faire fuir » par la police dans le cadre de l’opération Wuambushu. Une analyse qui fait écho à l’alarmante idée de « choc en retour » développée par Aimé Césaire.


 

La violence politico-policière qui s’exprime à Mayotte aujourd’hui, avec l’opération Wuambushu pourrait-elle un jour rejaillir sur le maintien de l’ordre partout en France ? Cette crainte s’exprime sur les réseaux sociaux en écho aux actions policières en cours à Mayotte. Elle réveille la théorie du « choc en retour » développée par Aimé Césaire dans son Discours sur le colonialisme (1950). Comme l’explique le poète et philosophe, si le colonialisme procède d’une déshumanisation du colonisé, indispensable pour permettre la domination qui s’exerce sur lui, cette déshumanisation rejaillit, inévitablement, sur le colonisateur :

“Le colonisateur qui, pour se donner bonne conscience, s’habitue à voir dans l’autre la bête, s’entraîne à le traiter en bête, tend objectivement à se transformer lui-même en bête”

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