Entretien

Omar el-Akkad : “Quand les idéaux politiques s’effondrent, l’incarnation du courage peut être contagieuse”

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Omar el-Akkad : “Quand les idéaux politiques s’effondrent, l’incarnation du courage peut être contagieuse”

Omar El Akkad. ©Andreas Pein/Laif/Réa

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Auteur d’un essai remarqué, One Day, Everyone Will Have Always Been Against This (2025, non traduit), l’écrivain et journaliste Omar el-Akkad a grandi sous le pouvoir censeur qatari après être né en Égypte. Il livre depuis les États-Unis le récit d’une rupture avec l’idéal politique occidental. Cet effondrement commence le 25 octobre 2023, après trois semaines de bombardements intensifs de la bande de Gaza…


Vous écrivez que le bombardement de Gaza a provoqué chez vous une rupture avec l’Occident. Comme cela s’est-il produit ?

Omar el-Akkad : Même si l’enclave palestinienne est très fermée, les informations qui nous parviennent sont d’une violence extrême. Depuis la fin octobre 2023, je vis au quotidien dans l’intimité de l’atrocité, dans son immédiateté également. J’ai déjà vu d’innombrables fois une bombe déchirer un enfant en deux et, parfois, j’accède à ces images quelques minutes après les faits. Je suis né en Égypte et j’ai grandi au Qatar, où les films et les livres auxquels j’avais accès étaient introduits clandestinement. Avec une lumière, j'essayais de lire les lignes caviardées par la censure dans les magazines. Je me suis accroché à l’idée d’un ailleurs différent dans lequel j’ai fini par vivre. Et quand je me réveille aujourd’hui, je suis assis du côté des lanceurs de bombes. Je suis complice de tout cela, je le finance avec mes impôts. Je ne peux me défaire de cette idée que ces enfants, c’est moi qui les tue. Avant, je pouvais détourner le regard mais là, la violence est trop forte, trop présente. 

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