France/Idées

Onfray-Proudhon, même combat

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Onfray-Proudhon, même combat

Philip Conrad/Photo12/AFP

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Cet article est issu du numéro 140 de Philosophie magazine « 140 - juillet 2020 », en kiosque le 18 juin 2020. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

En lançant une revue voulant fédérer les points de vue souverainistes, Michel Onfray bascule-t-il à droite ? Ou ne fait-il que prolonger un certain style de philosophie inspiré par le penseur anarchiste ?

« Les uns sont de gauche, les autres sont de droite. Les uns croient au Ciel, les autres n’y croient pas. » Ainsi pensent les auteurs de la revue Front populaire lancée par Michel Onfray, dont le premier numéro doit être livré cet été. La ligne éditoriale de ce Mook, entre le magazine et le livre, repose sur une idée-force : le souverainisme. Derrière ce programme s’assemble un cortège a priori hétéroclite, réunissant, par exemple, le philosophe Henri Peña-Ruiz (penseur de la laïcité), l’économiste Jacques Sapir (théoricien de la démondialisation), le médecin épidémiologiste Didier Raoult ou Jacline Mouraud, figure des « gilets jaunes ».

Salué par les milieux identitaires, d’Alain de Benoist à Marine Le Pen, Front populaire marquerait-il un virage à droite de son fondateur ? Michel Onfray renvoie à la poursuite de son « combat pour l’éducation populaire », dans l’esprit de l’Université populaire qu’il a fondée à Caen en 2002, en réaction justement à la percée électorale de Jean-Marie Le Pen. Faisant de « la résistance contre le nihilisme contemporain » un cheval de bataille, il a pris le parti d’une « contre-histoire », réévaluant les « petits » et les oubliés, tout en dézinguant les figures tutélaires, comme Sade ou Freud. Il incarne depuis ce « style » forgé contre l’élite et l’Université, que d’aucuns disent anti-intellectualiste.

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