Le sens des mots
Ouïghours : ethnocide ou génocide ?
Hong Kong, 22 décembre 2019. Après six mois de troubles dans la ville, des manifestants se joignent à une marche de protestation contre les traitements inhumains infligés aux Ouïghours dans la province du Xinjiang. © Willie Siau/SOPA Images via ZUMA Wire/Rea
L’enquête au long cours menée par la BBC révélant les viols systématiques, la torture et la stérilisation forcée des femmes ouïghoures a fait resurgir de nombreuses accusations de « génocide » ou d’« ethnocide ». Celles-ci ont notamment été formulées par le Parlement canadien à travers une motion non contraignante. Pourtant, le pouvoir chinois, lui, contraint plusieurs centaines de milliers de Ouïghours à effectuer des travaux forcés dans des camps qualifiés de « rééducation », et, non content de détruire également de nombreux sites culturels, le gouvernement chinois s’adonne au prélèvement de force des organes des prisonniers Ouïghours.
Alors que Pékin crie à la calomnie, le journal The Economist dénonce dans un récent article (en anglais) l’usage inflationniste du terme « génocide » – qui entretiendrait un flou conceptuel et viderait le terme de sa signification véritable.
Faut-il donc parler de génocide (destruction physique d’un peuple) ou d’ethnocide (destruction d’une culture) ? Notre décryptage d’une réalité qui, à mesure que se succèdent les révélations, semble chaque jour plus insoutenable.