Point de vue

Philosopher au bord du gouffre, par Laurence Devillairs

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 Philosopher au bord du gouffre, par Laurence Devillairs

© Mathieu Bechac/pixabay

À quoi sert la philosophie ? À mieux vivre ? À comprendre le monde ? À ordonner nos idées par le biais de raisonnements logiques implacables ? Chaque philosophe, et chaque lecteur de philosophie, possède sa ou ses propres réponses. Pour Laurence Devillairs, auteur notamment d’Être quelqu’un de bien : philosophie du bien et du mal (PUF, 2019) ou de Guérir la vie par la philosophie (PUF, 2017), l’utilité de la philosophie tient surtout au fait qu’elle nous aide dans la conduite de nos existences. Mais attention, pas n’importe comment : il ne s’agit pas d’y chercher des formules magiques permettant d’accéder à un hypothétique bien-être intérieur, mais de s’en tenir à ce qu’il est en notre pouvoir de changer, et donc de maîtriser.

« Il faut une philosophie non de la consolation, mais de l’inconsolabilité. » La position de Devillairs peut paraître pessimiste. Elle offre au contraire une parade aux déceptions qui accompagnent bien souvent nos vies. « Une philosophie honnête ne vend ni du rêve, ni du bien-être. Elle doit dire les vérités qui dérangent », poursuit la philosophe, qui s’appuie sur Boèce, Machiavel et surtout Pascal pour définir son rapport intime à la discipline. C’est paradoxalement en acceptant d’être inconsolable que cette inconsolabilité paraît moins difficile à affronter. Explications.

Comment se réconcilier avec l’inconsolable
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