États-Unis
Pierre Vesperini : la Constitution américaine n’institue pas une démocratie
Le Capitole, siège du Congrès américain – soit le Sénat et la Chambre des représentants –, à Washington DC. © Tim SLOAN/AFP
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Le Tweet d’un sénateur américain prétendant, lors du débat télévisé des candidats à la vice-présidence le 8 octobre dernier, que les États-Unis n’étaient « pas une démocratie » a enflammé les débats outre-Atlantique. Et s’il avait pourtant raison ?
À la mi-octobre Mike Lee, l’un des leaders républicains les plus en vue, commentait en direct sur Twitter le débat entre les candidats à la vice-présidence Kamala Harris et Mike Pence. Il avait lieu à Salt Lake City, en Utah, l’État qu’il représente au Sénat. Deux minutes après avoir brièvement présenté au public ses administrés (« Nous sommes les plus gros consommateurs de Jell-O [un dessert à base de gélatine industrielle] par habitant »), il écrivait : « Le mot “démocratie” n’apparaît nulle part dans la Constitution, peut-être parce que notre forme de gouvernement n’est pas la démocratie. » Une demi-heure plus tard, le soupçon laissait place à la certitude : « Nous ne sommes pas une démocratie. » À l’heure où j’écris, le Tweet comptabilisait 46 500 « likes ». Vers minuit, il formula son programme : « Le but, ce n’est pas la démocratie, mais la liberté, la paix et la prospéfité [sic]. Nous voulons que la condition humaine s’épanouisse. Et la démocratie sans freins peut l’empêcher. » (Ma traduction est une glose plus qu’une traduction à proprement parler. Mike Lee a employé un adjectif ambigu : « rank ». « Rank democracy », cela peut vouloir dire la « démocratie pure » et la « démocratie nauséabonde ».)