Poétique de l’espace

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House at Dusk (1935)

« “L’œuvre est voie”, affirme Paul Klee. Garder cette phrase en tête permet d’entrer dans l’univers de Hopper, questionnant chaque tableau : qu’est-ce que tu me dis de toi-même? où me conduis-tu dans la propre découverte de ce que tu es? Ces maisons d’une banalité redoutable se révèlent habitées, enchantées, éclatantes de couleurs. Les tableaux de stations-service ou de bureaux la nuit dévoilent d’eux-mêmes plus que ce qu’ils décrivent effectivement.
Hopper m’évoque ainsi deux peintres belges, Delvaux et Magritte, par le soigné des couleurs et la précision formelle. Mais la dimension surréaliste de ses confrères est absente ; aucun accident n’excite l’imaginaire. En revanche, Hopper, entre réalisme et expressionnisme, charrie une atmosphère chargée d’irréalité, fondée sur des effets de brouillard et de nuit éclairée, signifiant la masse par son absence, évoquant un bruit amorti, autant de motifs récurrents dans les fantasmes de la ville moderne électrifiée, vibrante, organique, dont il est un contemporain contrarié. »

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