Pourquoi mâchons-nous du chewing-gum ?

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© Séverine Scaglia

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Cet article est issu du numéro 130 de Philosophie magazine « Plaire, émouvoir, convaincre. L’art de l’éloquence », en kiosque le 29 mai 2019. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Pourquoi un tel goût partagé pour cette substance élastique qui ne nourrit pas et fait de nous des ruminants disgracieux ? Réponses sans chlorophylle des philosophes.

Par plaisir gustatif

Aristote (IVe siècle av. J.-C.)

« Tous les animaux qui ruminent prennent autant profit et plaisir à ruminer qu’ils en prennent à manger », observe Aristote dans son Histoire des animaux. C’est que la matière solide n’a pas de goût, car le vecteur essentiel de la saveur est « ce qui est humide », explique-t-il dans son traité De l’âme : seule la liquéfaction révèle à la perception le goût d’une substance. D’où l’importance de la salive mais aussi de la mastication : mâcher permet de mélanger des fragments solides avec l’humidité de la salive pour en révéler le potentiel gustatif. Avant son invention, Aristote nous livre donc l’un des attraits majeurs du chewing-gum : il plaît au goût.

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