Divergences
Pourquoi n’osons-nous pas prendre la dernière part ?
Illustration © Séverine Scaglia pour PM
Cet article est réservé aux abonnés.
Cet article est issu du numéro 170 de Philosophie magazine « Il faut qu’on parle ! Le langage résout-il les conflits ? », en kiosque le 01 juin 2023. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Chouquettes au bureau, tranches de saucisson à l’apéro ou de cake au goûter… L’ultime morceau trouve toujours difficilement preneur. Quatre philosophes se partagent l’explication !
Par hypocrisie / Rousseau (1712-1778)
N’est-il pas hypocrite de refuser l’ultime part de gâteau, celle qui nous fait pourtant fort envie ? Pour Rousseau, avec les usages de la civilité, nos « esprits semblent avoir été jetés dans un même moule » : nous nous conformons aux bonnes manières. Mais, à ses yeux, cette « uniformité » est « vile et trompeuse », car elle dissimule la véritable nature de nos sentiments et de nos intentions. Quand bien même nous salivons, nous nous retenons dans le simple but de paraître vertueux. Rousseau préférerait à cela des manières « rustiques mais naturelles », plus honnêtes et sincères envers nous-mêmes… et les autres !