Pourquoi va-t-on voir des films d’horreur ?
© Séverine Scaglia
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Cet article est issu du numéro 122 de Philosophie magazine « 122 - septembre 2018 », en kiosque le 23 août 2018. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
À chaque projection, le mystère se répète. Les salles obscures résonnent de cris sans pour autant désemplir. Comment comprendre un tel attrait pour ce qui nous effraie ? Les fantômes des philosophes répondent.
Pour nous purger de nos mauvaises émotions
Aristote (IVe siècle av. J.-C.)
Pour le philosophe grec, la tragédie est une imitation de la réalité, qui permet au spectateur d’éprouver par procuration les émotions des protagonistes. Si le film d’horreur en diffère par certains aspects, il a conservé cette exigence mimétique : faire ressentir, grâce à l’identification aux personnages, des émotions fortes ou nuisibles hors de leur contexte habituel. Le spectateur peut être terrorisé par une poupée tueuse sans être en danger, ou manier la tronçonneuse sans faire souffrir autrui dans la réalité – et se purger de ces émotions. C’est la catharsis, décharge des passions dans un cadre inoffensif, qui prévient leur apparition dans la vie réelle.