Critique
Quand le ciel étoilé respire : “L’Enfant céleste” de Maud Simonnot
Photographie de la Nasa de plusieurs objets stellaires de la région de Cassiopée non visibles à l’oeil nu. Le cercle rouge est la supernova SN 1572, aussi appelée Nova de Tycho, du nom de l’astronome danois qui l’a observée le premier. © NASA
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Depuis une quinzaine d’années, l’un des genres littéraires les plus féconds en France est ce qu’on appelle l’hétérobiographie : il s’agit de fictions littéraires qui partent de la biographie d’un personnage réel, dont la vie est attestée et documentée, mais qui prennent la liberté de prêter à ce personnage des pensées, des sentiments, de le décrire avec autant de liberté et de mouvement qu’un héros de roman, sans souci d’exhaustivité et avec, parfois, des distorsions volontaires des faits connus. Parmi les hétérobiographies les plus remarquées, citons Ravel (Éditions de Minuit, 2006) de Jean Echenoz, Limonov (P.O.L, 2011) d’Emmanuel Carrère, La Petite Communiste qui ne souriait jamais (Actes Sud, 2014) de Lola Lafon sur la gymnaste Nadia Comăneci, Le Principe (2015) de Jérôme Ferrari consacré au physicien Werner Heisenberg… Ce genre est tellement prolifique qu’il a presque saturé certaines rentrées littéraires.