Salaire de Carlos Tavares

Quand l’économie obéit à une logique féodale

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Quand l’économie obéit à une logique féodale

Carlos Tavares et sa Peugeot 504 de rallye à Monaco, le 4 février 2015. © Benjamin BECHET/PINK/saif images

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Les 66 millions d’euros que pourrait recevoir Carlos Tavares, le directeur général du groupe automobile Stellantis – issu de la fusion de PSA Peugeot Citroën et Fiat Chrysler Automobiles – choquent. Surtout aux yeux de l’économie classique, qui cherche à limiter les dépenses non productives. Mais pour l’anthropologue David Graeber, auteur de Bullshit Jobs, elle en dévoile surtout la nature… féodale.

 

66 millions d’euros : cette somme, le patron du groupe automobile Stellantis, Carlos Tavares, ne l’a pas encore touchée. Il va recevoir de manière certaine 19 millions d’euros, et les 47 millions qui restent – la plus grande partie en actions – devraient lui revenir s’il atteint ses objectifs. Il n’empêche, ces chiffres donnent le tournis. En admettant que Carlos Tavares travaille dix heures par jour, sans s’accorder un seul jour de repos dans l’année, cela signifie tout de même que chaque journée de travail lui rapporte 18 000 euros. Chaque minute, 30 euros. Les actionnaires du groupe ont voté, d’une courte majorité, contre cette politique de rémunération – mais, selon la loi des Pays-Bas à laquelle ils sont soumis, ce vote n’est qu’un avis consultatif. Les syndicats n’ont pas manqué de s’indigner – surtout que Stellantis devrait supprimer 2 600 emplois en France cette année. À titre de comparaison, un ouvrier au Smic gagne 604 800 euros en 42 annuités. Cependant, sans même parler de décence, d’égalité, de solidarité… Bref, de valeurs morales, posons-nous honnêtement la question : cette rémunération est-elle rationnelle d’un pur point de vue économique ?

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