Société
Qu’est-ce qui nous attire dans les fesses ?
© Todd Taulman/iStockphoto
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Ce n’est pas le volume ou la forme des fesses qui nous attire en premier, mais le sillon interfessier, suggère une étude américaine récente. Explications.
Santé reproductive
Qu’est-ce qui nous attire dans les fesses ? Sur quoi s’arrête notre regard lorsque nous observons un postérieur ? Des scientifiques américains se sont posé la question. « Nous avons cherché à découvrir les préférences visuelles subconscientes concernant l’esthétique des fesses. » Utilisant une technologie de suivi oculaire, ils sont parvenus à cette conclusion étonnante, détaillée dans leur article « Eye-Tracking Insights into the Perception of Buttocks » (« Ce que nous apprend le suivi oculaire sur la perception des fesses ») : homme comme femme, notre regard est moins attiré par le volume ou la forme des fesses que par… l’aspect du sillon interfessier ! C’est sur lui, en effet, que se portent en premier les regards, et sur lequel l’observateur s’arrête le plus longtemps. « Cette découverte inattendue remet en question des hypothèses de longue date et souligne la complexité et la nature multiforme de l’attraction humaine. »
Les scientifiques suggèrent une explication biologique à ce comportement surprenant. « Biologiquement, les êtres humains peuvent être programmés pour remarquer des attributs physiques spécifiques qui, historiquement, ont signifié l’aptitude à la reproduction. » La raie des fesses attire sans doute « principalement en raison de ses associations potentielles avec la santé reproductive ». Cette dimension biologique pourrait bien être redoublée, chez l’homme, par le symbolisme. C’est du même mot, en effet, qu’on désigne le sillon entre les fesses et le sillon du champ labouré. Fertilité (de la femme), fécondité de la terre.
On reste pourtant un peu sur sa faim, avec ces explications par l’archaïsme. N’y a-t-il pas autre chose, dans l’érotisme discret du sillon ? « Pourquoi une longue raie des fesses bien profonde constitue-t-elle un agrément supplémentaire ? », interroge Sylvain Bosselet dans Je pense donc je jouis. Philosophie du cul (2014). La question paraît d’autant plus pertinente à un époque où les standards de la sensualité et la chirurgie esthétique qui leur donne chair insistent principalement sur le volume fessier – sur le volume et la protubérance de la fesse plutôt que sur le creux, l’entre qui sépare et relie les deux arrondis du postérieur.