Égalité femmes-hommes
Qu’est-ce qu’un “forceur” ?
Collage de rue à Paris, le 8 mars 2020. © Hubert Didona/Saif Images
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Un nouveau personnage social semble avoir fait son apparition ces dernières années : le « forceur ». De quoi est-il exactement le nom ? A-t-on seulement affaire à un individu un peu lourd, qui a une tendance générale à beaucoup insister ou bien au promoteur zélé de la domination masculine ? Allons y regarder de plus près.
« Quand c’est non, c’est non. Il faut arrêter de faire les “forceurs”, on l’a dit, on l’a redit, on l’a re-redit, maintenant stop ! » Ces mots, prononcés par la secrétaire nationale d’Europe Écologie Les Verts au micro de France Inter le mois dernier, sont édifiants. Avec eux, Marine Tondelier a cherché à signifier un net agacement devant l’insistance de La France insoumise à vouloir constituer des listes communes pour les élections européennes. Plus édifiants encore ont été les rires de Léa Salamé au moment où elle les a entendus, accompagnés du commentaire : « Ils vont apprécier ! »
Lourd de sens
Car si le substantif « forceur » n’est pas nouveau (on le trouve dans le dictionnaire de la langue française d’Émile Littré à la fin du XIXe siècle, défini comme « celui qui force, qui fait violence »), il a acquis, ces dernières années, une nouvelle notoriété et, surtout, une nouvelle connotation – de type sexuel. Si son emploi se généralise, jusqu’à qualifier la simple insistance du coordinateur de La France insoumise Manuel Bompard souhaitant constituer des listes d’alliance, celle d’un François Fillon maintenant sa campagne présidentielle en dépit d’accusations accablantes ou celle d’un Salt Bae descendant sur la pelouse pour toucher la Coupe du monde remportée par les Argentins, il charrie indéniablement avec lui une dimension le rapprochant du harceleur sexuel ou du prédateur.