Sages solos
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Cet article est issu du numéro 92 de Philosophie magazine « Pense-t-on mieux seul ou à plusieurs ? », en kiosque le 20 août 2015. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Pour ces philosophes, mieux vaut se retirer loin du monde et des hommes pour mettre au jour la vérité.
La secte des thérapeutes (Antiquité)
Au désert
Cette secte nous est connue par un contemporain de Jésus, Philon d’Alexandrie. Dans De la vie contemplative, Philon s’enthousiasme pour ces jeunes gens aisés qui, après avoir distribué leurs biens, s’en vont mener la vie la plus sobre qui soit : « Combien les thérapeutes me paraissent […] dignes d’admiration ! Ils sont portés vers la philosophie par un élan non moins passionné. » Leur nom même de « thérapeutes », ils le doivent à la philosophie, qu’ils considèrent comme une médecine de l’âme. Dans le désert, ils s’adonnent à l’étude de textes, à la contemplation. Ils sont en quête de l’Être. D’après quelques mauvaises langues, ces fils de bonne famille cherchaient aussi à fuir la fiscalité romaine, préférant se dépouiller de leurs richesses plutôt que de travailler pour payer des impôts. Quoi qu’il en soit, ils ont donné naissance à un mythe solide : la solitude comme accueil de la vérité.