Revue de presse

Se souvenir

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Cet article est issu du numéro 36 de Philosophie magazine « 36 - février 2010 », en kiosque le 21 janvier 2010. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

« Il y a soixante-cinq ans, les Soviétiques libéraient Auschwitz tandis que les Américains approchaient de Dachau. Pour un survivant de ces deux enfers, vivant aujourd’hui dans une famille heureuse qui a ressuscité pour moi celle que j’ai perdue, le fait d’être toujours en vie semble presque irréel. Lorsque je suis entré à l’âge de 13 ans dans l’univers macabre de Mengele et de Eichmann, j’évaluais ma durée de vie en jours, en semaines tout au plus.

Au début de l’hiver 1944, la Seconde Guerre mondiale touchait à sa fin. Mais nous, dans les camps, n’en savions rien. Nous nous demandions : “Que se passe-t-il dans le monde extérieur ? Où est Dieu, où est le pape ? Quelqu’un sait-il ce qui se passe ici ? Quelqu’un s’en préoccupe-t-il ?

La Russie était dévastée. L’Angleterre résistait dos au mur. Et l’Amérique ? Elle était si loin, si divisée. Comment, à ce stade, aurait-elle pu sauver la civilisation des forces apparemment invincibles du mal ? J’avais alors presque 16 ans et je voulais vivre. […]

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