Pourquoi oublions-nous nos rêves ?
© Séverine Scaglia
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Cet article est issu du numéro 135 de Philosophie magazine « Peut-on se mettre à la place des autres ? », en kiosque le 28 novembre 2019. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Vous faites souvent ce rêve étrange et pénétrant… sauf qu’il vous est impossible de vous en souvenir quelques minutes après votre réveil. Quatre penseurs se penchent sur votre vie onirique.
Parce qu’ils n’ont aucun sens
Aristote (IVe siècle av. J.-C.)
Dans son Traité des Rêves, le philosophe grec considère que les rêves ne sont que les traces de sensations ressenties durant la veille. C’est l’imagination qui travaille à les reproduire pendant le sommeil. Ces « débris des sensations réelles » se mêlent aux impressions perturbées du corps quand il est assoupi : l’éclairage d’une lampe, la température de la chambre. Du coup, ces rêves ne recèlent aucun message, aucun sens caché. Ils sont analogues à des « hallucinations ». Comme elles ne forment pas un récit, qu’elles sont totalement dénuées de sens, il est impossible et sans aucun intérêt de les mémoriser.