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Shibumi 渋み

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Langue d’origine : japonais

 

Quel est le point commun entre « des couleurs sombres ou neutres, mates, mais de bon goût », « un vêtement […] tout simple à première vue mais taillé dans un tissu de première qualité » et un vase raffiné mais à l’aspect rugueux ? Toutes ces choses relèvent de la catégorie esthétique du shibumi, explique Ryoko Sekiguchi dans son livre L’Astringent (Les Ateliers d’Argol, 2012). La traduction choisie – « astringent » – ne suffit pourtant pas à rendre la richesse sémantique de ce mot très courant en japonais, nuance l’essayiste et poétesse. Le shibumi désigne à l’origine le goût acidulé, légèrement acre, du kaki encore un peu vert. Mais sa portée dépasse l’horizon culinaire à partir de l’époque Edo (1603-1868), notamment lorsque le shogunat Tokugawa interdit les motifs bariolés et les couleurs trop vives. Le concept de shibumi – connoté positivement, au contraire de l’astringent – finit par désigner, sous toutes ses formes sensibles, une beauté subtile, empreinte de mesure et de simplicité. Une beauté un peu âpre qui n’impressionne pas, n’attire pas le regard et peut même être confondue avec de la fadeur, si l’on n’y prête pas attention. « C’est un goût qui distingue les objets discrets, les assemblages délicats, et qui, loin des extravagances baroques, voit la beauté dans les valeurs du retrait et de la sérénité. »

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