Tocqueville. L’auteur

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Cet article est issu du numéro 92 de Philosophie magazine « Pense-t-on mieux seul ou à plusieurs ? », en kiosque le 20 août 2015. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Alexis de Tocqueville naît en 1805 à Paris, dans une famille illustre de la noblesse normande. Son père, comte, et sa mère, descendante de Saint Louis et petite-fille de Malesherbes, l’avocat de Louis XVI, ont échappé de justesse à l’échafaud. À la Restauration, le jeune Alexis suit son père, nommé préfet, en Moselle, où il a à 17 ans un enfant avec la couturière de la préfecture. Après des études de droit, il entame une carrière dans la magistrature, rencontrant à cette occasion son ami Gustave de Beaumont. Avec ce dernier, il embarque en 1831 pour les États-Unis, prétextant une mission d’enquête sur leur système pénitentiaire : de ce voyage naîtront les deux tomes de De la démocratie en Amérique, publiés en 1835 et 1840. Il épouse alors, au grand dam de ses parents, une roturière anglaise émigrée en France. En 1839, il est élu député dans la Manche. Anti-esclavagiste, il est partisan de l’expansion coloniale en Algérie, où il se rend à deux reprises. L’année 1848, qui voit la Révolution de février renverser la Monarchie de Juillet, est pour lui décisive. Réélu au suffrage universel, il participe à l’élaboration de la Constitution de la IIe République avant d’être nommé ministre des Affaires étrangères. Dans ses Souvenirs, il juge pourtant sévèrement cette révolution : bernée par le socialisme, ce « mélange de désirs cupides et de théories fausses », la classe ouvrière a selon lui trahi l’idéal de liberté de 1789. « La démocratie veut l’égalité dans la liberté et le socialisme veut l’égalité dans la gêne et dans la servitude », note-t-il alors. S’opposant en 1851 au coup d’État de Louis-Napoléon Bonaparte, il est brièvement incarcéré à Vincennes, puis se retire de la vie politique. « S’il reste quelque chose de moi en ce monde, ce sera bien plus par ce que j’aurai écrit que par ce que j’aurai fait », confie-t-il : en 1856, il publie L’Ancien Régime et la Révolution, où il explique que l’égalisation des conditions a commencé bien avant 1789. Il prépare la suite de cet ouvrage lorsque, en 1859, il meurt à Cannes, emporté par la tuberculose.

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