Covid-19
Un nouvel an compliqué pour les juifs
Jérusalem se prépare à un nouveau confinement. © Ronen Zvulun/REUTERS
Ce soir, c’est Roch Hachana, le nouvel an juif. En France, la communauté juive s’interroge sur la manière de célébrer cet événement tout en respectant les mesures sanitaires.
En Israël, la situation est encore plus critique. Le gouvernement de Benjamin Netanyahou a en effet annoncé un reconfinement général du pays pendant trois semaines, prenant effet dès aujourd’hui. Interdiction de se déplacer à plus de 500 mètres de son domicile et limitation à vingt personnes des rassemblements extérieurs : les autorités justifient ces mesures drastiques par un taux de contamination inquiétant – enregistrant le plus fort taux dans le monde ces dernières semaines. Depuis le début de la pandémie, rassemblements et célébrations religieuses ont été régulièrement pointées du doigts comme des occasions de propager le virus parmi une population à risque.
En avril, nous avions interrogé plusieurs philosophes et intellectuels chrétiens, juif et musulman pour tenter de deviner l’avenir des religions face au Covid-19. Comment célébrer et prier sans se rassembler ? Pour le rabbin Rivon Krygier, les préceptes de prudence présents dans les textes doivent dicter la conduite des communautés. Pour Souleymane Bachir Diagne, le Coran ne peut pas non plus aller contre le bon sens qui commande de se protéger contre la maladie. La philosophe catholique Nathalie Sarthou-Lajus s’inquiétait, quant à elle, que la communauté induite par le mot « église » perde de sa force. Enfin, Olivier Abel craignait que la peur liée à la pandémie n’accentue certains travers du protestantisme. Mais les bouleversements liés à la crainte de se rassembler sont aussi une occasion pour les fidèles de repenser leur rapport à la foi.