« Il faut se demander pourquoi la question posée mérite de l’être »
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Caroline Miller, 19 ans, terminale ES au lycée La-Folie-Saint-James de Neuilly-sur-Seine, en hypokhâgne au lycée Louis-le-Grand à Paris
Le jour du bac, il est préférable de se lancer plutôt que de trop réfléchir au sujet que l’on va choisir ! Personnellement, j’ai trop hésité entre les deux dissertations. Je me suis demandée si j’avais bien toutes les capacités pour traiter les thèmes, l’un sur la science, l’autre sur l’histoire. J’étais pourtant bien préparée à l’exercice, et je savais qu’en creusant un peu j’aurais pu aller jusqu’au bout, mais j’ai paniqué. Et plus j’hésitais, plus le temps passait, et plus la pression augmentait. J’ai finalement choisi le commentaire, qui me semblait plus familier, pensant faire le choix de la sécurité. J’ai décroché un 14/20, c’était un peu en deçà de ce que j’espérais, car j’ai eu un coup de foudre pour la philosophie en terminale. C’était pour moi une porte qui s’ouvrait sur un mode de réflexion inédit, un questionnement de ce qui pouvait sembler évident, un épanouissement. Mon prof m’a beaucoup appris. Il m’a incitée à passer le Concours général, m’a fait comprendre que la philo, qui passe pour abstraite, doit être fondée sur une expérience, des exemples, qu’on doit pouvoir la rendre concrète. J’ai également acquis une méthode de pensée qui consiste à ne prendre aucun sujet de but en blanc, mais à toujours s’interroger : pourquoi la question posée mérite de l’être ? C’est un bon moyen d’éviter une réponse binaire à un sujet complexe et de faire progresser la réflexion. Quand on y parvient, qu’on a poussé ses idées un peu plus loin et qu’on est capable de rendre raison de ses opinions, on éprouve un plaisir indicible. »