La vérité
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La quête de la vérité est le but même de la philosophie. Le Vrai constitue pour Platon, avec le Beau et le Bien, une valeur absolue. Mais qu’est-ce que la vérité et comment y accéder puisqu’on ne peut la confondre avec la réalité ? On se heurte à un problème de définition et de méthode. En général, on définit la vérité soit comme un jugement conforme à son objet (on parle alors de vérité-correspondance), soit comme un jugement non-contradictoire (on parle alors de vérité-cohérence ou de vérité formelle). Son caractère universel la distingue de l’opinion, toujours particulière. D’un point de vue théorique, elle s’oppose à l’erreur et à l’illusion (qui diffère de l’erreur en ce qu’elle persiste même quand elle est expliquée). La vérité a aussi un sens pratique : la véracité désigne le fait de dire la vérité qui, dans ce cas, s’oppose au mensonge. Atteindre la vérité suppose des critères pour la séparer de ce qui n’est pas elle. Lorsque la vérité se reconnaît d’elle-même, ce critère est l’évidence. Mais souvent la vérité est cachée. Dès lors, si elle n’est pas révélée comme dans la religion, elle doit être démontrée. Le scepticisme considère, lui, qu’elle est inaccessible.
Exemples
Le paradoxe d’Épiménide le Crétois
Y a-t-il des propositions ni vraies ni fausses ? Épiménide le Crétois le suggère lorsqu’il dit que « tous les Crétois sont des menteurs ». En effet, soit il dit vrai, alors il ment (puisque c’est un Crétois), donc son affirmation est fausse (puisque tous les Crétois mentent). Soit, au contraire, il ment en disant cela, alors son affirmation est vraie. Le logicien Philatos se suicida, dit-on, parce qu’il ne parvenait pas à résoudre ce paradoxe et à trouver la vérité..
Le mensonge par humanité
Un de mes amis, poursuivi par des malfaiteurs, se réfugie chez moi. Les malfaiteurs frappent à ma porte et me demandent si j’ai accueilli cet ami. Est-il juste de leur mentir ? Benjamin Constant répond : oui, car tous n’ont pas droit à la vérité. Kant, au risque de choquer, soutient le contraire : on ne doit jamais mentir car le devoir de véracité ne peut entrer en concurrence avec un autre devoir, ici celui de l’amitié. Admettre un droit de mentir équivaut à chercher un critère introuvable pour savoir qui n’a pas droit à la vérité et revient surtout à détruire la confiance qui fonde le pacte social.