L’interprétation
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L’interprétation révèle le sens d’un texte ou d’un fait. Elle est multiple (il y a des interprétations) et ouverte (une interprétation en appelle d’autres). Objet d’une science particulière (l’herméneutique), elle concerne des domaines très différents : la linguistique (l’interprète traduit une langue dans une autre), l’art (l’acteur interprète un rôle), la justice (le juge interprète la loi), la science (le savant interprète des faits)... On peut donc tout interpréter ! Mais on doit distinguer ce qui appelle une multitude d’interprétations, comme les mythes qui sont plurivoques (plusieurs sens) et ce qui n’en demande qu’une seule comme les panneaux de circulation qui sont univoques (un seul sens), sans quoi ils provoqueraient des accidents ! Le problème central est celui de la fidélité à ce que l’interprétation transmet. « Traduire, c’est trahir », disait Galilée. Pourtant, si toute interprétation comporte un risque, elle est aussi un moyen de comprendre (elle saisit les intentions derrière les actions humaines) et même de créer (il y a en musique de grands interprètes comme Gould jouant Bach).
Exemples
La jeune femme qui rêvait de la mort de son neveu
Selon Freud, le rêve requiert une interprétation spécifique. En témoigne le cas suivant : une jeune femme raconte qu’elle a rêvé de la mort du second fils de sa sœur, le premier étant décédé peu auparavant. Est-ce un rêve prémonitoire ou un désir malveillant de sa part ? En l’écoutant, Freud comprend qu’elle veut assister aux funérailles de cet enfant pour retrouver un homme qu’elle aime et qu’elle n’a vu qu’à l’enterrement de son premier neveu. Elle se méprend donc sur le sens de son rêve parce que son surmoi (sa morale inconsciente) a masqué le véritable objet de son désir (l’amant) par une image répulsive (le cadavre d’un enfant).