Théâtre

Règlements de contes

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Pommerat-Cendrillon_Cici-Olsson

Cendrillon adapté et mis en scène par Joël Pommerat © Cici Olsson

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Cet article est issu du numéro 111 de Philosophie magazine « L’idéal de simplicité », en kiosque le 06 juillet 2017. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

En adaptant “Pinocchio” et “Cendrillon”, à l’opéra et au théâtre, le metteur en scène Joël Pommerat en donne une interprétation plus métaphysique que psychologique. Il approche le curieux mécanisme par lequel les enfants apprivoisent leurs peurs.

La matière du conte est inépuisable et Joël Pommerat s’en empare. Le metteur en scène adapte Pinocchio au Festival d’art lyrique d’Aix-en-Provence, tandis qu’il reprend au théâtre Cendrillon, tout l’été à Paris. Il creuse l’écart entre notre imaginaire collectif et ses propres variations. Sa Cendrillon des temps modernes, par exemple, ne perd pas sa chaussure au bal ; le prince lui offre la sienne. L’auteur déjoue ainsi le rôle du hasard dans ce mythe, réévaluant la part de responsabilité de ses jeunes héros. Il réduit la couche d’interprétation psychanalytique au profit d’une dimension plus métaphysique. Cendrillon (Deborah Rouach) apparaît non comme la victime de ses bourreaux familiaux, plutôt comme une enfant qui compose avec l’absence et la mort. Elle s’affaire volontiers à toutes les tâches domestiques pour ne penser qu’à sa mère défunte, dont le décès la hante. Le metteur en scène rappelle que la mort rôde aussi dans la tête des enfants, mais selon une modalité qui leur est propre.

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