“Pour une érotique du sensible”, d’Aurore Vincenti : la possibilité de désirer en corps hors des rapports de domination

Une recension de Clara Degiovanni, publié le

Le mouvement #MeToo a permis de dénoncer l’étendue des violences subies par les femmes. Après avoir souligné la constance et la gravité de ces faits, la linguiste diplômée en sexologie Aurore Vincenti rappelle la nécessité de réinventer le champ de la sexualité, marqué par la crainte viscérale « d’y laisser sa peau ». Dans le sillage de Merleau-Ponty, l’autrice part d’une définition de l’humain comme « subjectivité indissociable de son incarnation ». Pour elle, il est impossible de comprendre et de définir une femme ou un homme de manière uniquement spirituelle et abstraite. L’essai parle donc du corps, du vrai : de la tête aux pieds, en passant par les aisselles, l’anus ou le périnée. À chaque fin de chapitre, la lectrice, ou le lecteur, est même invitée à pratiquer des exercices pour déceler ses sensations, voire développer des sens méconnus comme l’« introception », consistant à percevoir ce qui se passe à l’intérieur du corps (battements du cœur, respiration, lubrification…).

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